L’Humanité : prémices du mouvement citoyen

L’Humanité : prémices du mouvement citoyen

Le PG mise sur le « mouvement citoyen »

Réunis à Villejuif (Val-de-Marne) pour leur quatrième congrès, sans enterrer le Front de gauche, les militants ont privilégié « l’implication citoyenne » pour créer un élan susceptible de marquer des points en 2017.

«En mouvement, ­citoyens ! » Le mot d’ordre est ­devenu le titre du texte d’orientation adopté ce week-end par les quelque 550 militants du Parti de gauche (PG) réunis à Villejuif (Val-de-Marne) pour le quatrième congrès de leur formation. Un congrès qui a connu moins de polémiques qu’à Bordeaux en 2013, mais un débat aiguisé.

« Ce congrès-ci est celui de la prééminence du mouvement citoyen », prévient Jean-Luc Mélenchon, l’un des fondateurs du PG, en marge des débats dès samedi matin. Les ­discussions de l’après-midi lui donnent raison. Les partisans de cette démarche estiment que le Front de gauche « reste un acquis » mais qu’un « cartel au sommet, même élargi » n’est pas satisfaisant et qu’il faut donc « un mouvement citoyen s’appuyant sur des assemblées citoyennes dans lesquelles “une personne = une voix” ». Ces derniers ont obtenu une large majorité (296 voix), malgré 127 abstentions, face aux partisans (57 voix) « d’alliances larges (de partis – NDLR) incarnant une véritable alternative » et qui considèrent le Front de gauche comme « un outil privilégié ». Pour autant, il ne s’agit pas de tourner la page de celui-ci, selon Éric ­Coquerel, réélu ce week-end coordinateur du PG, cette fois-ci aux côtés de Danielle Simonnet. « Non, le Front de gauche n’est pas mort. Il est utile parce que, même si vous espérez aller plus loin, le dépasser, vous commencez par ce qui est un acquis », explique-t-il tout en proposant cependant de « créer un comité de liaison du mouvement citoyen, dès septembre prochain ».

Un « mouvement » que le PG entend d’ailleurs impulser dès les élections régionales. Si Jean-Luc Mélenchon a affirmé samedi qu’il n’y « a pas de coup de chaud au Front de gauche » à ce sujet, la priorité de sa formation reste la présidentielle. « 2017 est l’occasion de renverser la table », a jugé le député européen en clôture du congrès. « Vous voulez recommencer la polémique de 2007 ? Vous avez envie à nouveau de vous éparpiller en groupuscules ? », a-t-il lancé en référence à l’échec des « collectifs anti-libéraux » à présenter une candidature commune. Un rôle que le candidat du Front de gauche de 2012 se voit bien endosser à nouveau. « Mieux vaudrait se décider vite car la bataille va être terrible », glisse-t-il.

Le référendum grec s’est naturellement invité dans les débats

Plus tôt dans le week-end, alors que le peuple grec s’apprêtait à voter sur les mesures d’austérité que veulent lui imposer ses créanciers, c’est à un débat sur la sortie de l’euro et de l’Union européenne que se prêtaient les militants du PG. Un débat au cœur du vote, en amont du congrès, entre les deux « plateformes » initialement proposées. « Si on veut impliquer le peuple, il faut lui dire que notre programme peut amener à cette sortie et que si c’est le cas on reviendra devant lui par référendum », a argumenté Ramzi Kebaili, l’un des animateurs du texte « Courage et clarté politique » qui avait obtenu 45 % des voix. Pas de quoi pourtant convaincre la majorité des congressistes : 361 préfèrent l’idée d’« agir en violation des traités » et négocier « avec tous les États disposés à engager une refondation progressiste et démocratique de l’UE », quitte à voir cette dernière se disloquer et à construire alors « une autre voie vers l’unité et la solidarité ». « Nous avons une feuille de route qui nous permet de nous préparer pour les deux années qui viennent », a conclu Danielle Simonnet, soulignant à nouveau la volonté du PG de « mettre le peuple en mouvement ».

Lien vers l’article d’origine : https://humanite.fr/le-pg-mise-sur-le-mouvement-citoyen-578752

Collectif Citoyens Souverains
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